Dimanche 11 août 2024
Jn 6,41-51. « Moi, je suis le pain de la vie »
Allons-y bien comprendre l’evangile d’aujourd’hui : Ce n’est pas, à cet instant, l’affirmation « je suis le pain de vie » qui surprend les Juifs pieux, présents ici . Leur remarque porte sur l’origine même de celui que la foule considère comme le Prophète messianique annoncé (6,14)
Jésus est-il issu de Joseph (1,47) – c’est-à-dire des hommes – ou du ciel – c’est-à-dire de Dieu ? La remarque de ces quelques contestataires rend compte du malentendu à son propos. Comment cet homme peut-il déclarer descendre du ciel puisqu’il est né au sein du peuple, en bas ? C’est bien le mystère du Verbe fait chair (1,14) qui est ici soulevé et bien plus. Dans la pensée biblique, il y a toujours cette difficulté à faire se rejoindre le monde céleste de Dieu (éternellement saint, pur, parfait, glorieux, puissant) et le monde terrestre (souvent pécheur, faillible, mortel, impur…). Cet impossible contact – sinon dans la pureté parfaite et impossible – trouve maintenant sa réalité dans cette folle initiative de Dieu : en Jésus, le Verbe de Dieu s’est fait chair (1,14) et a rejoint, par pure grâce, le monde des hommes en vue de leur salut.
La foi en Jésus descendu du ciel s’inscrit dans le don du Père céleste. Par son seul savoir, par ses propres capacités, aucune personne ne peut accéder au mystère du Fils qui donne vie. Pour l’évangéliste la foi est un don que favorisent l’écoute de la Parole et la rencontre avec ce Fils qu’il a envoyé. Le mystère de l’Incarnation n’est pas seulement un débat théologique sur l’origine et la nature du Christ, c’est aussi un impératif missionnaire. Jésus donne ici la première place à Dieu. Le mouvement décrit en termes de descente devient une montée vers le Père : attirer, venir à lui. Telle est la volonté de Dieu, d’attirer – par amour – l’humanité à lui. Telle est la mission du Fils que de descendre pour le faire connaître.
Entre L’Éternel et les créatures mortelles, il y a cette nourriture vitale, ce pain urgent et salvateur qu’est Jésus, pain de vie. Il est ainsi le seul et unique médiateur entre Dieu et les hommes. Bon dimanche à vous !
Père Hippolyte AGNIGORI,
Curé de la Paroisse St Jean-Paul II de ANGRE 8e tranche