Homélie du jeudi 17 septembre 2026
24e Semaine du Temps Ordinaire. Année A. Année Paire. Mémoire facultative de Saint Robert Bellarmin, évêque et docteur de l'Eglise et de Sainte Hildegarde de Bingen, vierge et docteur de l’Église. Couleur liturgique : Vert
Textes : 1 Corinthiens 15, 1-11 ; Psaume 117 (118), 1-2, 16-17, 28.21; Luc 7, 36-50
Luc 7, 36-50 nous présente une scène surréaliste. Jésus est l'hôte d'un pharisien du nom de Simon. Il est invité par ce dernier à un repas chez lui, à son domicile. J'imagine qu'il y a d'autres invités à ce repas, probablement des pharisiens, collègues de Simon, des gens qui se perçoivent comme appartenant à la haute classe sociale et religieuse. Au cours du repas, quelque chose d'inattendu se passe, une femme y fait son entrée. Elle n'a pas été invitée à ce repas et cela se comprend : elle est reconnue publiquement comme une femme pécheresse. Elle n'a donc pas sa place parmi ceux qui se déclarent plus purs et plus saints que les autres. Elle est quand même là, présente à ce repas. On note ici l'audace et le courage de la femme dite pécheresse. Son courage est pour nous un véritable enseignement. Il faudrait savoir oser dans la foi, avoir de l'audace et prendre des risques. Ne soyons pas bloqués par les obstacles mais ayons toujours les yeux fixés sur Jésus Christ. De plus, elle, une femme pécheresse, n'a pas peur de toucher physiquement Jésus et Jésus la laisse faire. Tous deux brisent les barrières sociales et religieuses de leur époque. L'amour rapproche mais le jugement éloigne. La miséricorde de Jésus nous exhorte à ne pas juger les autres à partir de leur apparence ni de leur vie. Il faudrait sortir de nos préjugés sur les autres car ils sont des fossés ou des murs de séparation que nous établissons entre nos frères et nous. Il faudrait plutôt nous accueillir mutuellement avec bienveillance et tendresse. Puis Jésus révèle quelque chose de présent dans le cœur de cette femme exprimé par la délicatesse de ses gestes : l'amour. En tout Homme, il y a l'amour. Le péché ne détruit pas l'amour qui est en nous. Il peut le salir, en ternir l'éclat ou la beauté mais il ne l'élimine pas totalement. L'amour reste toujours enfoui en nous. Si nous manifestons de la bienveillance envers nos frères et sœurs, si nous ne les critiquons pas, si nous ne les rejetons pas, l'amour qui est en eux pourrait à nouveau s'exprimer. L'amour est propre à notre nature à cause de sa Source : Dieu. Enfin, Jésus accorde le pardon de ses péchés à cette femme pécheresse. Dieu ne nous condamne pas, Dieu nous pardonne. Si nos cœurs s'ouvrent véritablement à lui, son pardon déploiera en nous sa puissance de vie, de purification et de libération. Le pardon de Dieu nous réhabilite et nous restaure dans notre dignité d'enfants de Dieu. Le pardon de Dieu fait davantage grandir notre amour pour Dieu. En toutes circonstances, osons le pari de l'audace de la foi en faisant fi du regard et du jugement des autres sur nous. Ayons toujours confiance en Dieu. N'oublions jamais ceci : nous sommes les enfants bien-aimés de Dieu et cela est suffisant. Que la Miséricorde de Dieu soit notre lot quotidien et la source de notre bonheur véritable. Dieu nous bénisse abondamment. Excellente journée.
Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville.