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Église Famille de Dieu à Abidjan

Méditation · lundi 31 août 2026. Lundi de la 22ᵉ semaine du temps ordinaire. Luc 4, 16-30 (avec 1 Co 2, 1-5)

·Textes du jour à lire

Jésus revient chez lui. Il ouvre le livre, lit Isaïe, referme, s'assoit. Et il dit une chose immense : ce que vous venez d'entendre, cela s'accomplit aujourd'hui. Pas demain, pas dans un âge d'or à venir. Aujourd'hui. La Parole cesse d'être un souvenir pour devenir une rencontre.
D'abord, ils sont admiratifs. Puis vient la petite phrase qui gâche tout : n'est-ce pas le fils de Joseph ? Ils le connaissent trop bien pour le laisser les surprendre. C'est la tentation de ceux qui pratiquent depuis longtemps : on finit par savoir d'avance ce que Dieu va dire, et on ne l'écoute plus. La familiarité, quand elle devient possession, ferme le cœur mieux que l'incroyance.

Alors Jésus les décentre. Il rappelle la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien : deux étrangers, secourus quand Israël ne l'était pas. Autrement dit, la grâce ne nous appartient pas. Elle va où elle veut, souvent là où nous ne regardions pas. Cette parole-là déclenche la fureur parce qu'elle touche notre besoin d'être les premiers.
Et pourtant, la scène ne finit pas dans la violence : il passe au milieu d'eux et s'en va. Il ne se défend pas, il ne les maudit pas. Il continue sa route vers ceux qui l'attendent.

Saint Paul, dans la première lecture, dit la même chose autrement : il est venu sans grand talent oratoire, faible et tremblant, pour que la foi ne repose pas sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu.
Ce que nous pouvons emporter :demandez-vous où vous avez enfermé Dieu dans du déjà-connu. Et laissez-lui la liberté de vous surprendre aujourd'hui.

P. Hippolyte AGNIGORI