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Église Famille de Dieu à Abidjan

Homélie du lundi 07 septembre 2026

23e Semaine du Temps Ordinaire. Année A. Année Paire. Férie. Couleur liturgique : Vert

·Homélie

Textes : 1 Corinthiens 5, 1-8 ; Psaume 5, 2-3, 5-6ab, 6c-7, 12 ; Luc 6, 6-11

Dans 1 Corinthiens 5, 1-8, Paul dénonce un cas d'inconduite grave. En effet, au sein de la jeune communauté chrétienne de Corinthe, il a été rapporté à Paul qu'il y a quelqu'un qui entretient un commerce amoureux avec la femme de son père. Paul dénonce cette situation et le laxisme de la communauté qui semble s'en accommoder. Paul prend une forte décision, celle d'exclure de la communauté la personne incriminée et ceci pour deux raisons majeures: la préservation de la sainteté de la communauté chrétienne naissante de Corinthe et le salut de la personne en question. Aujourd'hui encore, dans notre monde, dans nos communautés chrétiennes, on semble tolérer le péché ou le mal. Cela ne nous dit presque plus rien parce que nous avons perdu le sens du péché. On s'en complaît, on est à l'aise avec car on se dit : " Ce n’est pas mon affaire, c'est son affaire. " Or, comme le dit Paul, de même " qu'un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ", de même, le mal non dénoncé peut comme un cancer, se propager progressivement dans toute la société ou la communauté chrétienne. Il y a une forme d'indifférence ou de passivité collective face au mal, face à la dépravation des mœurs. Il est donc nécessaire de refuser cela tout en priant pour la conversion des uns et des autres. Il ne s'agit pas ici de rejeter ni de condamner les gens. Il faudrait par une vraie correction fraternelle attirer leur attention sur leur comportement qui met à mal la cohésion de la communauté et qui peut entacher sa sanctification. Paul appelle ainsi à une véritable conversion collective par le refus collectif " de la perversité et du vice" et la pratique de " la droiture et de la vérité. " Être chrétien ne signifie pas tout accepter ni tout tolérer. Il y a une forme de mauvaise tolérance qui se vit au sein de nos églises. Dans Luc 6, 6-11, Jésus pose à ses adversaires et auditeurs scribes et pharisiens une question très importante : " « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »". Pour Jésus, la réponse est claire : sauver une vie. C'est vraiment logique car si Dieu est le Dieu de la vie, la loi du sabbat qui consiste à honorer et sanctifier Dieu ne peut que favoriser la protection de la vie. Dans l'application de toute loi, il faudrait faire preuve d'humanité et de charité. L'application d'une loi dépourvue d'humanité et de charité fait plus de mal que de bien. Vivons chaque jour dans la vérité de la Parole de Dieu et dans la vérité de notre conscience. Dieu nous bénisse abondamment. Heureuse semaine.

Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville.